L'énergie de la nature : découverte du Conon et de ses moulins

Ce Dimanche 25 septembre 2011, par un temps idéal pour une promenade à vélo, organisée par « Histoire et Découverte entre Bruyères et Roseaux (HDBR) », une trentaine de cyclistes était au rendez-vous pour découvrir les moulins du Conon,
au long de 8 km de cette petite rivière bien tranquille. Nous avons visité les sites des six moulins qui ont été construits les siècles passés entre Cour- Cheverny et le confluent du Conon avec le Beuvron. 


Les 6 moulins du Conon
  • Poussard : C’est le premier, au sortir du parc de Cheverny. C’était en fait un moulin et une ferme ; la cascade est encore bien présente à la sortie du bief, mais le mécanisme du moulin n’existe plus. 

  • Voley : C’est un grand bâtiment à étages, que l’on aperçoit très bien quand on arrive de Blois en direction de Cour-Cheverny. Il était encore en fonction après la guerre de 39-45, pour fabriquer des farines animales (!). C’était aussi le lieu de prédilection pour les manoeuvres des pompiers, là où l’eau était facile à pomper. 
    De g.à dr. : confluent, moulins de la Fosse, de Gonvalin, 
    de Beaumont, de la Béchardière (disparu), Vollet, Poussard
  • La Béchardière : à coté du pont du même nom, le moulin a complètement disparu. 
  • Beaumont : On l’aperçoit difficilement car, à cet endroit, le Conon a creusé son lit plus profondément et il disparaît dans le creux de la vallée. Bien qu’elle ne tourne plus, sa roue est encore en bon état de conservation, ainsi qu’une partie du mécanisme à l’intérieur. Son implantation est très ancienne puisqu’on trouve mention de son existence dans un acte daté de 1514, conservé au château de Beaumont tout proche. 
  • Gonvalin : Il ne reste pas grand-chose de ce moulin, où apparaît encore le passage du bief qui faisait tourner la roue. En s’y rendant on passe par le hameau de Gâlerie, où on peut encore apercevoir les restes d’une petite gentilhommière et d’un grand pigeonnier, malheureusement complètement à l’abandon. 
  • La Fosse : Il est aussi enfoui dans la verdure, mais à un endroit où la vallée est beaucoup plus ouverte ; c’est le dernier moulin avant le confluent tout proche du Conon avec le Beuvron
Voir une étude plus détaillée sur ce document,réalisée par François Bach.

C’est l’occasion de relater une triste anecdote sur les conséquences de la Grande guerre de 1914 : le meunier d’alors avait un fils unique appelé à lui succéder un jour. Malheureusement son fils n’est pas revenu de la guerre et, dans un geste de désespoir, il détruisit la roue et tout le mécanisme de son moulin. 

Le moulin à eau, source d’énergie de nos ancêtres, est maintenant abandonné presque partout, et ce n’est que par l’amour de certains propriétaires pour leur patrimoine qu’il en subsiste quelques-uns. On pourrait revitaliser les systèmes pour produire localement de l’électricité, contribuant ainsi au développement des énergies renouvelables ; c’est le cas d’un petit moulin situé à la limite de Cellettes et Chitenay. Mais beaucoup sont aujourd’hui menacés d’une totale destruction par la transcription tendancieuse d’une directive européenne sur l’eau. Une circulaire ministérielle dite de «Restauration de la continuité écologique des cours d’eau» vise à «effacer» les seuils construits sur toutes nos petites rivières. L’incongruité de cette circulaire a amené la Fédération des associations de sauvegarde des moulins à déposer un recours devant le Conseil d’État.

http://hdbrcheverny.canalblog.com/ 

François Régis Bach - La Grenouille n°13 - Octobre 2011


Le Conon

Le Conon s’étale dans la Sologne des étangs. Mais à partir de Cour-Cheverny, à la sortie du parc du château de Cheverny, la rivière creuse son lit dans le calcaire de la Sologne viticole avec un courant plus rapide. L’implantation de moulins trouvait là un environnement idéal. Quelques explications sur le mot « moulin » : du latin molinum, issu de mola meule. Un moulin à eau a besoin du courant de la rivière qui est amené par un bief (canal de dérivation qui conduit l’eau, sous contrôle, à la machine hydraulique). La roue actionnée par la force de l’eau peut moudre le blé et autres céréales. C’est avec la révolution de 1789, l’abolition des privilèges seigneuriaux que de nombreux moulins fleurissent le long des rivières. Les paysans peuvent faire moudre leur grain sans être soumis à des droits communaux (impôts). Mais après la première guerre mondiale de 1914-1918, l’arrivée des machines à vapeur et l’amélioration des transports par route signent l’abandon de nos moulins. 

Laurent Ravineau - La Grenouille n°13 - Octobre 2011