La Grenouille

Je coasse tous les trois mois dans mon journal...
La Grenouille : « Je suis un batracien au sang-froid, c’est-à-dire que la température de mon corps prend la valeur de celle du lieu où il se trouve.
Quand l’hiver arrive, je me cache au fond des mares dans la vase pendant de longues semaines. Je peux rester sans manger pendant des mois selon les températures mais je reste un carnivore très vorace qui adore les insectes et mollusques. Avec ma grande langue, j’attrape mes proies. 
Le prédateur
Je vois dans toutes les directions, même derrière, sans bouger la tête. Je ne crains pas les dangers immobiles ; un prédateur qui ne bouge pas passera inaperçu, mais je possède, outre une ouïe très fine, un odorat qui me permet de repérer mes prédateurs.
Comme mon cousin le crapaud, que j’envie car il peut vivre jusqu’à 40 ans et moi seulement une dizaine d’années, je suis très utile dans votre campagne car je limite vos nuisibles.
Vers le mois de mars, après l’hibernation, je voyage pour me rendre sur mon lieu de ponte. Pour nous attirer, les mâles chantent en gonflant leurs sacs vocaux. On aime les mâles qui ont la plus grosse… voix. Je peux pondre plusieurs centaines d’oeufs (diam. 1 à 5 mm), le délai entre la fécondation et l’éclosion est de 2 à 21 jours, mais malheureusement moins de 1 % de mes petits arrivent à l’âge adulte (maladies, parasites, prédateurs...).
En cuisine française, ce sont mes cuisses qui sont consommées. Les français ont la réputation mondiale d’être des mangeurs de grenouilles, ce qui leur a valu leur surnom anglais de froggies, « frog » signifiant grenouille en anglais. Ainsi on appelle « Vallée des grenouilles » un quartier de Londres, peuplé de beaucoup de français.
Je suis curieuse mais prudente et raisonnée. Pour ces raisons, ce journal qui porte mon nom saute sur tous les évènements qui font la vie de Cheverny et Cour-Cheverny, dont je ne dépasse pas les limites ».

Laurent Ravineau - La Grenouille n° 17 - octobre 2012