Les couleurs de l'été


Le jaune paille entoure nos deux villages, c’est l’époque des moissons. Mais savez-vous différencier le blé de l’orge, du seigle, de l’avoine quand ils sont en pleine croissance ?

Le blé a son épi vertical et mesure jusqu’à 1 mètre. L’orge a son épi recourbé et sert surtout pour la bière et à nourrir les animaux. Le seigle a une couleur plus claire et mesure plus de 1,20 m. Il sert pour la farine et le pain. L’avoine a un épi plus décomposé, il sert aux petits déjeuners en flocons et à nourrir les animaux. La France, grenier à blé de l’Europe, en est le premier producteur.

Quelques chiffres
On produit 35 millions de tonnes de blé chaque année en France. Un pain de 400 g de farine contient 300 épis de blé, un épi contient environ 50 grains. Les Français consomment 6 milliards de baguettes de pain par an (47 kg par personne). Il y a 2 sortes de blé : le blé tendre pour la farine, aussi appelé le froment, et le blé dur pour les pâtes alimentaires et la semoule (d’où une forte exportation au nord de l’Afrique). Pour produire du blé, il faut presque une année de travail : labourer la terre et semer en octobre, novembre. La levée se fait en une quinzaine de jours. Ensuite, au fil des mois, engrais et produits phytosanitaires sont épandus pour fortifier et protéger la culture contre les insectes et les maladies. En mai, le blé fleurit et en juillet on moissonne. L’épi doit être courbé quand il est à point (la crosse). Le taux d’humidité ne doit pas excéder 15 à 16 % pour le fauchage. Il y a quelques décen­nies, il fallait 3 jours pour faucher 1 ha de blé à la faux, aujourd’hui 2 heures suffisent à la moisson­neuse pour extraire environ 6 tonnes de blé (deux fois plus qu’il y a 20 ans). Dans les laboratoires, on a créé des épis avec plus de grains, plus de résistance aux maladies et aux insectes. Il existe plus de 1000 variétés de blé dans le monde et en France on en cultive plus de 200 dont les qualités peuvent être très différentes, comme la farine que l’on consomme dans nos cuisines et nos boulangeries.

Le Grillon - La Grenouille n°40 - Juillet 2018

Quand la grenouille hiberne


Nous avons eu un hiver rigou­reux et de nombreux animaux de nos campagnes ont dû subir les affres de cette période dif­ficile. Certains n’ont pas sur­vécu. Saviez-vous que les batraciens, dont la grenouille, peuvent endurer le gel le plus extrême ?
Grenouille - Dessin de Cornélia DégremontEn effet, la petite grenouille des bois se met en hibernation pen­dant l’hiver et peut supporter des températures descendant jusqu’à -10°. Le processus qu’elle utilise s’appelle la « cryogénie » et pro­vient de l’accumulation de glucose dans l’organisme associé à une molécule appelée « glycolipide (1)», sorte « d’antigel » qui permet au gel de se développer entre les cellules sans déchirer leur mem­brane.
Ainsi, pendant l’hibernation, les organes sont gelés et la grenouille se transforme en bloc de glace. À l’arrivée du printemps et des premiers rayons de soleil qui la réchauffent, la grenouille des bois dégèle et peut ainsi reprendre sa vie normale et bondissante.
La présence de batraciens est garante de la bonne qualité de l’environnement. Ayant une peau sensible qui absorbe les subs­tances polluantes, la grenouille ne peut vivre et se développer que dans un environnement sain, tant terrestre qu’aquatique. Ainsi, on peut suivre les modifications de l’écosystème, sujet qui nous préoccupe, et notre grenouille suit toujours cette tendance.

(1)Les glycolipides possèdent une région hydrophobe (qui n’aime pas l’eau). Source « medicopedia ».

La Fée des marais - La Grenouille n°39 - Avril 2018

Un arbre du sud en Sologne


Le figuier n’est pas un arbre de notre région, et pourtant presque un jardin sur deux en possède un.
Ce n’est pas un arbre comme les autres, il pro­duit des fruits mais on ne voit jamais ses fleurs (contrairement aux pommiers, poiriers…). La figue n’est pas véritablement un fruit mais une fleur inversée. La fleur pousse à l’intérieur de la coque de la figue. Les pulpes sont les fleurs et les graines constituent les fruits. Lorsque vous dégustez une figue vous mangez plu­sieurs dizaines de petits fruits contenus dans une fleur inversée.
Pas de fleurs visibles ! mais alors, comment se fait la pollinisation ? Voilà le problème dans certains jardins où les figuiers ne donnent jamais de figues. Le caprifiguier (ou figuier mâle) se reconnaît à ses fruits en hiver. Ils sont parasités par un insecte : le blastophage (1). Les figues vertes sèchent à l’intérieur puis tombent sans jamais mûrir. Il n’y a aucun moyen de les rendre comestibles.
Les figuiers domestiques (ou figuiers femelles) peuvent produire deux récoltes par an. Les figues-fleurs sont parthénocarpiques(2).
Quelle que soit la couleur, la figue est riche en vitamines, minéraux et fibres. Elle est nourris­sante, facile à digérer, laxative et contient de nombreux anti-oxydants.
Le figuier, arbre sacré, peut avoir une espé­rance de vie de 300 ans. Toutes les religions l’ont vénéré.
Derrière la grille d’un jardinier confirmé, rue Martinet à Cour-Cheverny, vous pouvez aper­cevoir un beau sujet qui réjouit son propriétaire par sa quantité de fruits chaque année.
Dans l’histoire égyptienne, la mythologie grecque, la bible, le figuier est toujours un symbole. Ce sont les feuilles de cet arbre qui cachaient la nudité d’Adam et Ève après qu’ils aient consommé le fruit de l’arbre interdit.
Selon son milieu, le figuier peut atteindre une hauteur de 4 à 10 mètres et peut produire des fruits pendant 50 ans.
Cet arbre symbolise la bienveillance et la fécondité en raison du grand nombre de ses graines. Il craint les grands froids à partir de -15°C, mais repart de sa souche et redonne des fruits deux à trois ans plus tard qui pour­ront servir à préparer de bonnes confitures.

(1) Blastophage : insecte de petite taille (2 mm) dont la femelle dépose ses oeufs dans l’ovule de la fleur.
(2) Parthénocarpique : se dit d’un fruit dépourvu de graines qui mûrit sans avoir besoin de pollinisation. Il est donc fer­tile.

Le Grillon - La Grenouille n° 39 - Avril 2018

Le trottoir, source d'embellissement du village

La fin de l’usage des pesticides sur le domaine communal et le souhait de la municipalité d’oeuvrer pour la mise en valeur du village l’ont amenée à entrer en relation avec quelques riverains de la place de la République et du boulevard Munier à Cour-Cheverny désireux de participer, entre voisins, et en accord avec les services techniques de la mairie, à l’embellissement des trottoirs du quartier. 

La mise en oeuvre de ces aménagements peu coûteux et leur entretien pris en charge par les riverains sont susceptibles de renforcer les liens entre voisins ; c’est aussi une façon de rendre le paysage urbain plus agréable, et de contribuer (très modestement, mais on peut rêver !) au ralentissement du trafic routier… Ce sont en tout cas les résultats constatés dans de nombreux villages ayant mis en oeuvre de tels projets. Une réunion entre élus et riverains a eu lieu en novembre, qui a permis de définir les modalités de ce projet : harmonisation des aménagements, répartition des rôles, définition des semis et plantations adaptés, organisation générale et mise au point des détails de la réalisation. Chacun apportant sa pierre (et ses plantes) au projet, l’opération a pu se structurer de la façon suivante :
• la découpe du trottoir, la mise en place de la terre en pied de façade sur une largeur de 15 cm environ, selon les souhaits de chaque riverain, est réalisée par les employés communaux,
• les plantes ou semis sont choisis, fournis, mis en place et entretenus par les riverains, • les entourages d’arbres seront traités de la même façon,
• la commune reste à disposition de chacun pour d’éventuels conseils ou modifications nécessaires au projet.
Les résultats de cette action sont déjà perceptibles, et laissent espérer d’autres initiatives du même genre dans d’autres quartiers de la commune au cours des prochains mois… Les « cobayes » de ce projet sont disponibles pour partager cette première expérience avec les habitants d’autres quartiers… Rendez-vous au printemps prochain pour un premier bilan visuel !

Le Triton – La Grenouille n°38 – Janvier 2018

La nature au pied du mur…

Depuis plus d’une génération les trottoirs sont « propres » comme « l’allée d’un château ». Mais avant, dans les coins de rues, aux pieds des poteaux, on pouvait voir des giroflées, des myosotis, des marguerites, des coquelicots… Toujours gagner du terrain sur la nature en recouvrant, asphyxiant la terre avec toutes ces matières inertes qui, pour vous faire gagner du temps, vous rendent esclave d’un paysage sans vie. Dans une rue sans verdure, on se dépêche. Une petite fleur inattendue, un parfum souvenir, un petit arbuste inconnu, une feuille de menthe que l’on froisse… et la rue n’est plus la même. Bien-sûr, il y a toujours ceux qui pestent quand, fatiguée, notre belle nature se repose et se laisse retomber. C’est à l’automne qu’il faut tout nettoyer avec l’envie qu’au printemps prochain nos fleurs seront encore plus belles. En aucun cas on ne touche à l’espace prédominant de la voiture. Mais on peut rendre les parkings plus discrets avec une vie d’arbustes, de fleurs et d’oiseaux. Il y a encore des personnes qui pensent que les pneus des voitures se sentent mieux sur le goudron ! Vous trouvez que votre jardin est déjà trop grand et, de plus, vous devez entretenir votre trottoir. Aucune obligation, vous faites comme d’habitude, vous ignorez le chardon à votre porte, et peut-être que votre voisin le coupera. Parfois un interstice entre le mur et le goudron suffit pour le semis d’annuelles ou vivaces. Il convient bien sûr de gérer la croissance des plantes pour ne pas gêner les riverains. Doucement, de rue en rue, peut être que nos villages nous ferons passer les saisons de moins en moins vite.


Le Grillon – La Grenouille n°38 – Janvier 2018

Records d'Europe en série à Cour-Cheverny

Dans la douceur des journées prin­tanières, discrète­ment, 2017 aura en effet vu deux records continen­taux égalés dans les limites com­munales ! Non, la fière cité cour­choise n’orga­nisait pas le championnat de lancer de noyaux d’asperges, La Grenouille vous en aurait averti. C’est dans le domaine très sérieux, un peu confidentiel mais passion­nant, de l’entomologie que la compétition a eu lieu.

En avril, entre chien et loup, apparaissait dans une serre de l’Aumonière un papillon aux tailles inhabituelles. Dix sept centimètres d’envergure pour cet animal manifestement nocturne car globalement terne, mais dont chacune des quatre ailes était ornée d’une magnifique ocelle, élément de forme ronde rappelant l’oeil des mammifères, destinée à attirer l’attention, effrayer, voire hypnotiser les prédateurs, et laisser ainsi le laps de temps nécessaire à la fuite.
Grand paon de nuit

Le paon, celui qui fait la roue, possède des ornementations très comparables qu’il préfère manifestement utiliser dans des démarches de séduction. Mais c’est probablement cette ressemblance qui a valu son nom à cette espèce, le grand paon de nuit, le plus grand papillon d’Europe.

Photographié, mesuré, identifié, l’animal était alors laissé en paix et avait disparu le lende­main matin. C’est que le temps lui est compté, car dépourvu de trompe et donc incapable de se nourrir, il n’a devant lui qu’une huitaine de jours de vie. Et un seul objectif, se repro­duire. Alors, comme chez de nombreux lépi­doptères, les femelles diffusent un puissant attractif sexuel que les mâles sont capables de percevoir à plus de cinq kilomètres, à des concentrations incroyablement faibles, de l’ordre d’une molécule par mètre cube d’air. Ce sont leurs antennes très ramifiées qui leur permettent ces performances. Mais rien de tel chez l’individu de l’Aumonière.
Il s’agissait donc d’une femelle qui aura été pondre ses 200 oeufs sur le tronc d’un arbre dont le feuillage peut nourrir ses chenilles. Pommier, poirier ou cognassier si elle choisit de rester dans les jardins, frêne, saule, peu­plier, prunellier si elle doit tenter sa chance un peu plus loin. La chrysalide passera ensuite l’hiver dans une anfractuosité du tronc, avant de laisser s’échapper au printemps suivant un éphémère papillon géant…

Sphinx à tête de mortLes records étant faits pour être battus, la riposte venait en juillet de la Julière où une très inhabituelle chenille était découverte dans un carré de pommes de terre. Inhabituelle par sa taille, douze centimètres de long, volumi­neuse, particulièrement vorace sur le feuillage, laissant derrière elle des crottes rappelant plus celles d’un lapin que d’un insecte. Et non seulement imposante mais belle. Vert-jaune fluo orné de chevrons bleu ciel et ponctué de noir…
Et renseignements pris, le record fut homolo­gué puisqu’il s’agissait bien de la plus grande chenille d’Europe, celle du Sphinx à tête de mort. Le nom vient du dessin que l’individu adulte arbore à la partie dorsale du thorax. C’est lui aussi un grand papillon de nuit, mais qui au repos adopte une posture que l’on connait bien à ces nocturnes, ailes repliées à plat dans un angle caractéristique. Déployé, son envergure n’est « que » de treize cen­timètres, mais il bat par contre le record du papillon le plus lourd d’Europe, 1,5 gramme pour une femelle bourrée d’oeufs…

Si le cycle de vie du grand paon est simple et conforme à celui de très nombreux papillons, celui du sphinx à tête de mort en revanche présente de très nombreuses originalités. C’est ainsi que l’espèce appartient au club très fermé des papillons migrateurs. Elle vit de façon permanente sur l’ensemble du continent africain, hormis les zones les plus désertiques, ainsi que sur une grande partie du pourtour méditerranéen. À la belle saison, des adultes se répartissent sur l’ensemble de l’Europe de l’ouest et de l’Europe centrale, jusqu’à la Scandinavie. Ils sont à l’origine d’une ou deux générations, dont la dernière reprend le che­min du sud. Les chrysalides restées enterrées et non écloses auront bien peu de chances de survivre à l’hiver européen…

Sphinx à tête de mortCar c’est jusqu’à vingt centimètres sous terre pour cette espèce que se forme la chrysalide et a lieu cette extraordinaire transformation de la larve en adulte, propre aux insectes. Reposée dans son rang de pommes de terre, la chenille de la Julière en avait disparu après quelques minutes, avalée par le sol. Une partie des fluides qui la composent ramol­lissent la terre pour faciliter la pénétration et une autre partie solidifie les parois de la loge souterraine. Quelques semaines plus tard seulement, l’adulte émerge. C’est donc probablement dans la deuxième quinzaine de septembre que cet individu aura refait surface, dans une apparence physique lui offrant cette fois toutes les chances de rejoindre le conti­nent africain…
Au total donc, match nul entre Aumonière et Julière. Deux superbes observations entomo­logiques, deux animaux laissés à leur vie pour que la magie se perpétue…


Le Castor - La Grenouille n° 37 - Octobre 2017

Les conséquences du décalage des saisons et des températures sur la végétation

Depuis quelques années on remarque beaucoup d’arbres morts. Des arbres fruitiers ou d’ornement en pleine croissance (20 à 30 ans) se mettent à sécher en quelques mois. Il peut y avoir de multiples explications :
- parfois des insectes porteurs de bactéries bloquent la circulation de la sève (insectes dans le bois, les xylophages…) ;
- parfois des excès de chaleur pendant plusieurs semaines dans des sols légers où l’eau est en déficit ;
- parfois des champignons sur les racines asphyxiant l’arbre et celui-ci perd alors ses feuilles ou elles sèchent sur l’arbre.
- parfois un hiver doux jusqu’à la fin janvier fait redémarrer la sève des arbres. Celle-ci circule au ralentit de -1°C à 5°C en décembre ; de 5° à 12°C en janvier la sève reprend son rythme printanier et en février le gel revient -1°C à -5°C et plus ; l’arbre n’a pas eu le temps d’arrêter le processus de transformation de sève en amidon pour ses bourgeons et ses branches. La sève trop liquide gèle. Les tissus des branches éclatent et l’arbre meurt doucement ou s’affaiblit et met plu­sieurs années à retrouver une bonne vigueur. Les arbustes d’ornement ou de rendement subissent le même sort, d’où les gros problèmes que connaissent nos viticulteurs et arboriculteurs.
Le décalage des températures par rapport aux saisons se remarque surtout par des floraisons illogiques : les forsythias, les lilas, les mar­ronniers étaient en fleurs en septembre. Certes une petite floraison qui n’empêchera pas les fleurs du printemps mais c’est bien le signe d’une nature perturbée : les fortes chaleurs de la canicule ralentissent le processus des sèves montantes et descendantes. Pour économiser de l’énergie, la plante fane, parfois perd des feuilles comme en hiver pour se protéger du chaud. Quand la pluie et la douceur reviennent, la plante se croit au printemps et se met à fleurir à l’automne.
À notre modeste échelle, nous constatons les effets du changement climatique. Si celui-ci a des répercussions sur la flore, il n’est pas sans conséquence sur la faune. La faune ne suit pas et se trouve très perturbée. L’exemple de plusieurs types de chenilles envahissantes depuis le printemps nous montre que nos oiseaux insectivores sont peu nombreux. Les pluies abondantes de juin 2016 et les gels tardifs du printemps 2017 ont détruit de nombreuses couvaisons.
Le début d’année a manqué d’eau. Avec l’automne et sa fraîcheur, nous devrions trouver des champignons et profiter des belles couleurs chaudes des feuillages.


Le Grillon - La Grenouille n°37 - Octobre 2017 

Un été caniculaire...

Un été caniculaire en fin de printemps et un débit d'été frais comme un début d'automne...

Nous avons de la peine à prévoir la météo. Nous aimons le doux soleil qui nous laisse respirer, mais qu’en est-il des végétaux ? Comment réagissent-ils face à de telles variations de températures ? 

Les plantes, bien avant toute existence animale sur terre, savaient déjà maîtriser le soleil pour vivre et nous donner de l’oxygène. La photosynthèse est la machine biologique la plus sophistiquée que nous connaissons. Il a fallu 3 milliards d’années pour transformer l’énergie du soleil en nourriture. La plante sait le faire et cela reste un mystère. 

Si nous, les hommes, savons depuis peu extraire artificiellement un peu d’énergie du soleil, la plante, elle, maîtrise naturellement ses rayons brûlants. La jeune feuille du printemps sait qu’elle va devoir affronter parfois au dessus de 40°C l’été. Elle s’y prépare en se durcissant et en économisant ses pertes d’eau. Elle ferme ses stomates, sorte de poumons, pour éviter le dessèchement ; ils s’ouvriront en soirée pour capter la rosée de la nuit qui fera circuler la sève qui la nourrira. 

Chaque feuille est composée de minuscules pores qui régulent les échanges gazeux et énergétiques pendant la photosynthèse. La plante capture un rayon de soleil tellement vite que nous ne pouvons même pas le concevoir. On appelle cela une femtoseconde, 10 puissance moins 15 secondes (10 -15). Une rapidité inouïe pour ces métabolismes qui nous paraissent si lents. La lumière est transformée en molécules de sucre qui vont circuler dans la sève (cf La Grenouille n° 6 et n° 29)

Nous avons tous remarqué comme il est agréable de se rapprocher des espaces verts bien ombragés lors de canicule. Mais tous ces espaces minéraux, bitumés « qui font propres » qui nous réchauffent quand il ne faut pas et nous glacent quand il faudrait qu’ils nous réchauffent, sont-ils bien pensés ? Un arbre planté sans réflexion peut et doit parfois être supprimé, mais un arbre coupé pour la seule raison qu’il donne trop de feuilles qui « salissent » un espace de circulation à l’automne, quand ses feuilles tombent, est-ce raisonnable ? 

Le Grillon - La Grenouille n°36 - Juillet 2017

Le champ des cigognes à Cheverny

Le lundi 20 février, un important groupe de cigognes s’est rassemblé à Cheverny.
« La Grenouille » était là aussi, qui n’avait jamais vu un tel spectacle. La cigogne deviendrait-elle un oiseau solognot ?


cigognes à Cheverny
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Un vol migratoire d’environ 70 cigognes blanches a fait étape à Cheverny. Elles rejoignent leur lieu de nidification, probablement vers le nord de l’Europe, peut-être en Alsace ? Seules quelques unes nichent en Région Centre et un grand nombre demeure en Espagne. D’une façon générale, la cigogne blanche est une espèce en voie d’expansion au niveau européen.

cigognes à Cheverny
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Cigognes à Cheverny y- Dessin Jean-Pierre Terrien

La Grenouille

La Grenouille n°35 - Avril 2017


Brève rencontre solognote

Un jour de printemps, avec sa trogne de vigogne,
Une cigogne se posa sans vergogne
Près d’une grenouille, dans un pré à Cheverny.
Fais attention à ton langage, grenouille
Car cette mère gigogne, toujours à sa besogne,
Se met en rogne, se renfrogne, grogne et cogne
Avec sa pogne si on la traite de carogne
Et d’ivrogne
Parce qu’elle vient de Catalogne
En passant par la Bourgogne.
La cigogne s’adressant alors à la grenouille
Lui tint à peu près ce langage :
« Holà, grenouille, y a t-il près d’ici, pour étancher ma soif,
Une lavogne comme dans les Causses ?
Pour mon dîner, rassure toi, je ne te croquerai pas car tu es l’amie de mon cousin le héron. »
La grenouille, apaisée, s’agenouille alors pour réfléchir et la cigogne poursuit :
« Ne m’embrouille pas avec ta tambouille
Car je ne mange pas de nouilles.
Je préfère des cornouilles ou bien des panouilles Ou encore cette quenouille de maïs que j’aper­çois au loin. »
Et sur ce la cigogne, apparemment pressée, s’envole, laissant la grenouille encore toute pan­toise de cette rencontre inattendue.

Le Héron

La Grenouille n°35 - Avril 2017

Les nids de sorcière

Melampsorella caryophyllacearum : formule magique du balai de sorcière « La rouille balai de sorcière ».
Balai de sorcière - Forêt de Cheverny
Balai de sorcière à l'entrée de
la forêt de Cheverny
Cette maladie des arbres s’explique de plu­sieurs façons : provenance de champignons, de phytoplasmes (bactéries sans paroi et dépourvues de formes spécifiques). Au prin­temps, le vent transporte les spores du cham­pignon qui se déposent et germent sur les bourgeons. Ceux-ci mutent très doucement. Le champignon envahit les tissus des jeunes pousses et y provoque un renflement que l’on peut observer à l’automne. Les rameaux des pousses infectées sont rabougris. La rouille provoque rarement la mort d’un arbre mais provoque un ralentissement de sa croissance. Sur les conifères, la maladie, par l’apparition de rameaux courts et trapus, se développe d’une façon excessive à partir d’un même point. C’est une touffe végétale qui ressemble à un nid d’oiseau ou à un gîte de rongeur. Elle sert souvent de nid pour les écureuils. On trouve le plus fréquemment
cette touffe sur des conifères (épicéa, pin douglas, abies...) et sur certains feuillus (bou­leaux, tilleuls, charmes, merisiers, érables...).

Balai de sorcière - Forêt de ChevernyOn peut concevoir des arbres nanifiés à partir « d’un balai de sorcière ».
Au début de l’automne, on prélève un rameau de la touffe, on le trempe dans des hormones de bouturage et on le plante sous chassis froid. Après une année en terre, on peut transplanter notre petit arbre nain. Les touffes, pauvres en chlorophylle, peuvent persister 5 à 20 ans. Certaines touffes perdent leurs aiguilles l’hiver, d’autres non ; il s’agirait d’infections résultant d’anomalies physiologiques…
La forme du balai de sorcière causé par la maladie a alimenté de nombreuses histoires de forêts hantées, peu fréquentables ou à découvrir. À l’entrée de la forêt de Cheverny, en direction du golf, après l’alignement des séquoias, l’un des premiers pins est pourvu d’un nid de sorcière.

Le Grillon - La Grenouille n°35 - Avril 2017



L'hiver en beauté

La gelée blanche, c’est la rosée de l’hiver. L’eau qui a fait vivre à la belle saison le vert de notre nature ressort par la présence de cristaux.

Les feuilles mortes, les chaumes, les branches des arbres, refroidissent durant la nuit beaucoup plus vite que l’atmosphère. Par temps froid et sec, la vapeur d’eau contenue dans l’air gèle ins­tantanément au contact de ces surfaces glacées. Ce sont des arborescences cristallines qui naissent et s’épanouissent en quelques heures sur ces corps aban­donnés par la vie. Dans notre région, le gel agit comme un élément déclencheur indispensable à la floraison printanière (exemple : pas de fruits à pépins si la douceur persistait toute l’année). Si la nature s’accorde une pause, c’est avant tout pour se régénérer.
Le soleil reste bas sur l’horizon jusqu’à début mars. Ses rayons de belles couleurs en soirée ont de la peine à lutter contre le froid des nuages glacés. Les bourgeons, qui sont un condensé de la plante, les ébauches des feuilles disposées par imbrication, attendent des rayons plus chauds. Au printemps, chaque feuille va investir l’espace pour développer sa fonction de capteur solaire.
Juste en regardant par la fenêtre, l’hiver vous transperce. Mais, bien couverts, quelle que soit la température, prenons plaisir à observer la nature qui vit au ralenti.
Les perce-neige, les hellébores (roses de Noël), les chatons des noisetiers qui s’allongent, les jasmins d’hiver (bien lumineux), vous donnent du courage pour faire un peu de nettoyage dans le jardin. Si vous avez la chance d’avoir un chimonanthus, un sarcococca, un viburnum ou un chèvrefeuille d’hiver, votre jardin sera parfumé jusqu’à la sortie des mauvais jours. Quel bonheur de retrouver sa maison bien chaude quand on rentre de promenade ! Pour garder son optimisme, regardons plus loin que la grisaille de l’hiver.


Le Grillon - La Grenouille n°34 - Janvier 2017

L'automne s'installe

La fraîcheur est là, on rajoute un vêtement pour bien profiter de la nature qui, elle, se déshabille doucement pour avancer vers le froid. Le soleil est moins intense, les fonctions chlorophylliennes diminuent, les plantes se mettent au repos pour s’économiser et se préserver des futurs froids. Les réserves d’amidon stockées pendant l’été dans le bois et l’écorce sont progressivement trans­formées en sucres solubles qui ont une fonction d’antigel. On profite de la période de dormance de l’arbre pour le tailler si nécessaire. Mais, quand on a bien choisi l’essence de son jardin, cette intervention hivernale devrait toujours être limitée. La taille est surtout réservée aux arbres fruitiers. Plus les températures deviennent froides plus l’état de dormance avance afin que les jeunes tissus de l’arbre ne gèlent pas. L’arbre rentre dans une lente somnolence, un état végétatif.

Cette année, on ne parlera pas de champignons en Sologne, la sècheresse n’a pas hydraté le mycélium tout comme les frelons asiatiques qui nous ont peu assaillis. Est-ce dû à la douceur de l’hiver, l’humidité du printemps ou d’un nouveau prédateur (auxiliaire) ? Les buis ont particulière­ment été dévorés cette année par les pyrales, chenilles très prolifères qui se nymphosent en petits papillons de nuit (insectes asiatiques, envahisseurs depuis 2008). On sait lutter contre cet insecte mais contre la cylindrocladiose, une maladie qui assèche et fait doucement dépérir la plante, on n’a pas véritablement de méthode de lutte très efficace. Un nouveau champignon détruit aussi nos frênes. Dans moins de 10 ans la chalarose sera présente dans notre région et doucement comme les ormes, ils se feront rares.
Ne soyons pas que pessimistes : un automne ensoleillé avec ses nouvelles couleurs apparaît lentement. Tous les passionnés du jardin vont oublier l’arrosage qui leur a pris beaucoup de temps cette année avec la canicule. Ils vont com­mencer à couper, nettoyer les vivaces et arbustes avant de s’attaquer au ramassage des feuilles.

Le Grillon - La Grenouille n°33 - Octobre 2016

Les effets d'un excès d'humidité sur la nature

Le Loir-et-Cher a connu un hiver doux (la fin décembre avait des airs de printemps) et un printemps pluvieux (se trouvant sous l’influence de dépressions, de ce fait, les épi­sodes pluvio-orageux se sont succédés et nous avons connu un temps durablement perturbé et instable).

La douceur de l’hiver n’a pas permis aux arbres et arbustes de se reposer. Le cycle étant perturbé les sujets sont plus faibles et les maladies prolifèrent (étant donné l’hygrométrie). Des champignons, des maladies se développent sans cesse sur les fruits et légumes, sur les feuilles… (blanc, rouille et mildiou). Les plantes connaissant un excès d’eau ont leur métabolisme bloqué. Avec un arrêt de l’absorption de l’azote, la photosynthèse n’opère plus, les plantes meurent ou s’affai­blissent. Les animaux sont quelque peu déboussolés par cette pluie qui ralentit les naissances ou les noie. Peu de polénisation, pas de fruits, peu de miel, des abeilles perturbées... Après un hiver doux, beaucoup d’insectes et de nuisibles se sont reproduits trop tôt et en grande quantité. 

On a pu observer cette année de nombreux arbres défeuillés par des insectes. Nos gastéropodes sont à la noce, température entre 15 et 18° C et de l’humidité de temps en temps. Limaces et escargots sont capables d’avaler la moitié de leur poids dans la nuit. Mais rassu­rez-vous, dans certaines régions de Grande-Bretagne, la population des rampants a plus que doublé (jusqu’à 1 000 limaces au m2). Dans le monde agricole, certains semis sont noyés, le sol gorgé d’eau est inexploitable, mais le principal dommage réside dans l’érosion du sol. En effet, le ruissellement de l’eau a souvent emporté la matière orga­nique et donc, la partie fertile du sol disparaît. Le recours aux engrais est souvent pratiqué pour compenser le manque de nourriture. Dans nos jardins, les fumures organiques remplaceront les engrais. Près des rivières, les alluvions recouvrent les champs d’une couche de limon qui enrichit les sols.
On a remarqué des poussées végétatives remarquables. Dame Nature nous rappelle qu’elle reprend parfois ses droits face aux nombreuses tentatives des Hommes pour tenter de la maîtriser.


Le Grillon - La Grenouille n°32 - Juillet 2016

Les cigognes voyageuses visitent Cheverny et Cour-Cheverny

L’augmentation de la population nicheuse en Europe de l’Ouest conduit à des observations de cigognes en Loir-et-Cher plus nombreuses que par le passé lors des mouvements migratoires. C’est ainsi qu’en 2013, un minimum de 815 oiseaux différents ont pu être dénombrés au printemps, dont un groupe de 70, et que 577 oiseaux ont été observés lors de la migration de retour, dont un groupe de 200. Le 29 sep­tembre 2015 dans l’après-midi, 10 à 15 cigognes ont été observées sur le bourg de Cheverny, posées sur les arbres proches de l’Orangerie et les toits des habitations adjacentes.

La cigogne blanche
La cigogne blanche
La cigogne blanche est un grand échassier d’un mètre dont la silhouette est bien connue de tous. Blancheur, bout des ailes noirs, bec rouge et démarche assurée la caractérisent. Elle affectionne les prairies préférentiellement humides à la recherche d’une multitude de petites proies vivantes qui font son ordinaire. En vol, le long cou tendu la différencie de tous les hérons qui tiennent le leur replié entre les épaules. Sa rencontre parfaitement normale à la fin du mois d’août nourrit régulièrement les commentaires sans fondement sur la sévérité de l’hiver à venir…

Car la cigogne blanche, dans nos communes comme dans tout le département, n’est que de passage. Le passage printanier est centré sur avril et voit les oiseaux rejoindre leurs lieux de nidification plus au nord. La lec­ture à la longue-vue des bagues que portent certaines d’entre elles indique des zones de reproduction françaises, allemandes et néerlandaises. Le passage de retour vers les zones d’hivernage s’observe de la mi-août à la mi-septembre.

Groupe de cigognes qui a fait
une petite halte sur le château
d'eau de Cour-Cheverny
le 17 août 2015
En France, la cigogne blanche niche tradi­tionnellement en Alsace sur les habitations. Malgré une protection populaire traditionnelle, l’espèce y a vu chuter ses effectifs de façon drastique dans la seconde moitié du vingtième siècle, la menant au seuil de l’extinction au début des années 70. Des opérations de réintroduction ont alors inversé la tendance. Parallèlement à cela, depuis une trentaine d’années, on assiste à une lente mais régu­lière colonisation d’autres régions françaises, essentiellement de la façade atlantique avec des têtes de pont fortes en Vendée et en Normandie. Il semble que les florissantes populations ibériques soient en grande partie à l’origine de ce mouvement. Les naturalistes ont favorisé la tendance en mettant à la disposition des oiseaux des plate-formes de nidification au sein des vastes étendues prai­riales qu’ils affectionnent. Car ces cigognes là préfèrent mettre un peu de distance entre leur nid et les hommes. Quelques autres cigognes se sont installées sur le littoral méditerranéen et dans le centre-est du pays, à l’image de notre unique zone de reproduction régionale, dans les prairies du secteur du Bec d’Allier. Le mouvement d’expansion de ces populations se poursuivant, il n’est pas impossible que l’espèce devienne ou redevienne nicheuse dans notre département dans un futur difficile à apprécier.
Les quartiers d’hivernage sont Africains. Les oiseaux observés à Cheverny ont ensuite franchi les Pyrénées, emprunté le détroit de Gibraltar, et poursuivi au Maroc jusqu’au Sahel. Avec eux, se sont également enfuis plusieurs des neuf espèces de hérons que l’on peut rencontrer en Sologne. Mais quelques unes restent hiverner. Dans cette période, tout grand échassier aperçu sera donc un héron avec cette caractéristique fondamentale de voler avec le cou replié entre les épaules. Soit un héron cendré, le plus commun, soit une grande aigrette, toute blanche au bec jaune et nouvelle venue dans le paysage. L’aigrette garzette quant à elle présente le même profil mais une taille moindre.

La cigogne noire
Avec beaucoup de chance, vous pourrez observer une seconde espèce de cigogne de même taille, également migratrice, au plumage d’apparence noire, hormis le ventre et les aisselles blancs. La cigogne noire, rare, farouche, discrète, forestière, effectue elle aussi un timide retour dans notre pays en tant qu’espèce nicheuse. Une quinzaine de couples très dispersés y sont aujourd’hui connus, sur­veillés et préservés par les naturalistes et les propriétaires fonciers. Bien qu’on ne l’y ait pas encore observée de façon régulière, les vastes boisements humides solognots constituent à priori pour elle un milieu idéal. Alors, qui sait…


Le Castor - La Grenouille n°31 - Avril 2016

Objectif "Zéro pesticide" à Cheverny

La directive cadre Européenne du 23 octobre 2000 fixe l’objectif d’un « retour à un bon état écologique des milieux aquatiques ».

La loi de février 2014 interdit l’usage des produits phytosanitaires pour les collectivités territoriales au 1er janvier 2017 et la vente aux particu­liers au 1er janvier 2019.
Les pesticides ont une action toxique sur les êtres vivants et entraînent des conséquences graves pour notre santé et notre environnement.
Les communes utilisent encore principalement des herbicides pour l’entretien des espaces communaux.

Des solutions alternatives existent :
- les techniques préventives, qui visent à empêcher la levée de plantes indésirables et à limiter le désherbage (paillages, mise en place de plantes couvre-sols...) ;
- les techniques curatives : manuelles (binette...), mécaniques (rotofil, désherbeur mécanique...) ou thermiques (gaz, vapeur...), qui per­mettent d’éliminer les herbes spontanées.
Daniel Besnard, président du CDPNE,
Lionella Gallard, maire de Cheverny
et Sylvie Mardon, représentante
de Fredon Centre-Val de Loire
La commune de Cheverny s’engage dans la démarche de réduction de l’utilisation de pesticides avec l’accompagnement du CDPNE(1) et de la Fredon-Centre Val de Loire(2) sur les aspects techniques et la sensibi­lisation du grand public et des agents communaux aux dangers des pesticides. Cet accompagnement s’est concrétisé, le 1er mars en mairie de Cheverny, par la signature d’une charte qui précise les engagements de la commune et la nature du partenariat.






(1) CDPNE : Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement
(2) Fredon CVL : syndicat professionnel reconnu « Organisme à vocation sanitaire ».

La Grenouille n°31 - Avril 2016

La force tranquille du séquoia

Envie d’un séquoia dans son jardin pour se cacher de son affreux voisin ? Pourquoi pas, mais d’ici là...
Il y a quelques semaines un « séquoia Lucas » a été planté dans la plaine du Carroir (peut-être le futur parc du Carroir). Adossé au Conon, il ne fera pas d’ombre aux Courchois pen­dant des centaines d’années. Petit séquoia originaire de Californie (arrivé en éprou­vette en France), planté 2 ans en pot et 2 ans en terre normande, il ne demande qu’à grandir et tester l’évolution de notre climat.

Le 6 mars dernier, la population de Cheverny et Cour-Cheverny était invitée à participer à l’événement organisé par les associations HDBR, Oxygène/La Grenouille et la municipa­lité de Cour-Cheverny.

L’arbre des records
Plantation du séquoia Lucas,
plaine du Carroir à Cour-Cheverny
Il faut imaginer le séquoia 20 ans après sa plantation. Sa croissance varie de 0,50 m à 1 m par an quand les conditions sont favorables. Il est l’arbre qui grandit le plus vite et devient le plus haut, environ 55 m dans notre pays et jusqu’à 100 m en Californie dans son milieu naturel. En France, nous n’avons pas de vieux séquoias : les plus âgés ont au maximum 150 ans, ce qui est jeune pour un séquoia qui peut vivre jusqu’à 2 000 ans en moyenne (une tranche d’arbre de 2 200 ans est exposée au muséum botanique de Paris).
En France, les plus grands séquoias sont sou­vent ralentis par la foudre qui casse leur faîte. Le bois du séquoia, très riche en tanin, résiste à la décomposition. Les champignons s’y installent peu et, de plus, il n’intéresse pas les insectes. L’inconvénient de ce bois : il est cassant.

Il existe deux sortes de séquoia :
- le séquoia sempervirens, appelé séquoia à feuilles d’if (l’allée de la forêt de Cheverny, en direction du Golf). Il peut-être tronçonné à la base et revivre en formant une cépée ;
- le séquoia gigantéum, qui, si on le coupe à la base, cessera de vivre. Il est plus trapu, moins filiforme et devient moins haut que son confrère .
Les séquoias ne craignent pas les feux de forêt. Une chaleur intense peut favoriser la maturation des graines qui peuvent attendre jusqu’à 20 ans la bonne température pour que les cônes s’ouvrent. Le feu n’attaque pas l’écorce de l’arbre qui mesure parfois plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur, selon l’âge de l’arbre.

Le cercle formé autour du jeune séquoia 
préfigure la circonférence de l’arbre à l’âge adulte
Le chef indien Séquoyah (1770-1843), le Cherokee, inventeur de l’alphabet cherokee, est à l’origine du nom de l’arbre en raison de sa force et de sa persévérance. Le Wellingtonia est le premier nom scientifique attribué au séquoia en 1853. Nom déjà donné à une autre plante d’où la nouvelle nomination en 1939.

Les dernières périodes glacières, il y a environ 20 000 ans, ont entraîné la disparition des séquoias en Europe. Encore quelques chiffres : les plus gros séquoias ont des noms de person­nalités. Exemple : général Sherman, un arbre âgé de 3 500 ans, d’un volume de 1 486 m3 pour un diamètre de 10 m et une circonférence de 31 m. Un séquoia plusieurs fois centenaire produit 1 m3 de bois par an. Pendant une vie humaine la circonférence de l’arbre croît de 4 à 5 m.

Le Grillon - La Grenouille n°31 - Avril 2016