Avec la forestière chouette hulotte et l’effraie,
bien connue sous le terme de dame blanche, la chevêche d’Athéna est la
troisième chouette à fréquenter nos communes, où elle demeure très dépendante
de l’habitat humain pour nicher dans un trou de mur ou sous une faîtière.
Dépendante des hommes, elle l’est également pour ses
lieux de chasse car il lui faut des espaces herbeux et ouverts où vivent
insectes et campagnols qui font son ordinaire. La présence d’arbres qui
permettent de guetter est appréciée. S’ils sont creux de surcroît et offrent
des gîtes supplémentaires, tout va pour le mieux. Mais si les vieux vergers
sont classiquement présentés comme le milieu optimum, on peut en réalité
trouver cette sympathique petite chouette dans de multiples cas de figure, bien
souvent à proximité immédiate de l’habitat humain.
Voici une trentaine d’années, la chevêche était
devenue rare et même fort rare dans le département. Pour les naturalistes
locaux, ce fut une surprise à la fin des années 90 que de la retrouver bien
présente en cinq bastions départementaux, le plus proche étant le secteur de
Chémery. Depuis, régulièrement et de façon assez spectaculaire, l’aire de
distribution départementale s’accroît. On estime aujourd’hui à 500 couples
l’effectif global du Loir-et-Cher. Si Cheverny et Cour-Cheverny ont vraisemblablement
été un temps totalement désertés, une très récente enquête de l’association
Sologne Nature Environnement retrouve trois couples à Cheverny et cinq à
Cour-Cheverny.
Mais probablement y en a-t-il d’autres. Car si les
grands cris clairs et les ululements sont fréquents en fin d’hiver pour
certains couples, d’autres, comme celui qui nichait chez moi cette année, sont
étonamment discrets.
Alors si vous apercevez la chevêche perchée sur un
bâtiment, l’arbre d’une cour ou un poteau téléphonique, faites en part à «La
Grenouille,» elle refera les comptes. Son envol caractéristique vous aidera à
la déterminer car il débute toujours par un plongeon vers le sol.
L’avenir de la chevêche d’Athéna apparaît incertain.
Si l’espèce a su puiser dans ses ressources pour reconstituer ces dernières
années une partie de sa population d’antan, la rénovation des bâtiments anciens
reste pour elle, en éliminant ses possibilités de nidification, une menace
sérieuse. Dans ces circonstances, laisser le trou sous la faîtière de pignon
peut suffire à l’installation d’un couple... La pose de nichoirs spécifiques
peut aussi être le moyen de retenir cette espèce, et bien d’autres, et
maintenir ainsi, à l’intérieur même de nos villages un minimum d’émotion, de
mystère et d’émerveillement envers le vivant dont notre société a tant besoin.
Le Castor - La Grenouille n° 17 - Octobre 2012
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci de nous donner votre avis sur cet article, de nous transmettre un complément d'information ou de nous suggérer une correction à y apporter