Quand les paysagistes de nos villages parlent de leur métier

Le paysagiste : un savoir-faire ancestral conjugué à de nouvelles techniques

Historiquement c’était le jardinier qui définissait les jardins et les parcs. Le nom de paysagiste est apparu au XXème siècle, depuis les années 80. Le paysagiste exécute des travaux d'aménagement paysager. C’est un artisan, inscrit à la Chambre de Métiers et c’est aussi un artiste. Aujourd’hui, il est confronté à la protection de l’environnement et son objectif est d'être au plus près de la nature en utilisant les méthodes et des produits qui ont un impact réduit sur l'environnement, voire un impact positif. 
La Grenouille a demandé à Hervé Corbeau, Laurent Ravineau, de Cour-Cheverny, et aux frères Ducolombier, de Cheverny, d’évoquer leur métier et les nouvelles approches et techniques. 

Hervé Corbeau : “le jardin c'est d'abord, et avant tout, le plaisir du lieu. Dès la conception, il faut faire en sorte que le temps de travail du particulier dans son jardin soit le plus réduit possible, mais il faut aussi du bon sens ! Le choix des plantes et des matériaux a beaucoup évolué aussi bien du côté minéral que du côté végétal. Les plantes méditerranéennes sont de plus en plus incorporées dans les jardins et les aménagements de cour et d’allées ont évolué avec de nouvelles technologies comme le nidagravelle : nouvelle technique d’alvéoles en polyéthylène que l’on remplit de graviers et qui filtre l’eau naturelle du sol sans rejeter les eaux dans les canalisations d’eau pluviale d’où moins de traitements et moins d’énergie utilisés pour la réalisation. Le prix de revient au m2 est raisonnable tout en gardant une surface minérale agréable et naturelle à la fois. La clientèle accorde de plus en plus d’importance aux extérieurs et apprécie que le paysagiste réalise l’aménagement complet de son espace de vie".

Laurent Ravineau : “le paysagiste doit observer, contempler, prendre le temps de faire comprendre que la nature progresse vite par sa générosité et son abondance. Son objectif est d’enrichir la diversité du monde végétal dans les jardins en privilégiant une vue à long terme des végétaux plantés (pas de quantité qui serait ensuite à sélectionner) et ainsi développer les sens par les couleurs, les odeurs et l’harmonie naturelle des formes de végétaux. Le jardin est un lieu dans lequel nous vivons, où nous devons nous sentir bien. Le plus du jardinier paysagiste, c’est de faire en sorte qu’à chaque saison, le client découvre et apprécie de nouvelles fleurs, de nouveaux fruits, de nouveaux parfums… Le métier évolue avec de nouveaux modes de plantations, de nouveaux matériaux, de nouveaux traitements (abandon des engrais chimiques qui laissent placent aux “bio”), des tailles d’arbres et d’arbustes plus raisonnées (dites tailles douces). De nombreuses plantes ne font plus partie de la palette du jardinier alors qu’il y a encore une vingtaine d’années elles étaient incontournables (cortaderia, pyracanthas, millepertuis, thuyas, lonicera nitida…). Mon métier, c’est aussi d’agrémenter le jardin par une allée, une pergola, un claustra, une palissade, des variances de terrasses, un bassin, des minéraux (cour, rocaille, muret, dallage…). Le jardinier paysagiste doit sentir l’espace pour ne pas imposer mais seulement suggérer et pérenniser".

Les frères Ducolombier : “outre l’agrément qui est recherché en premier, le choix des plantes et des arbustes ainsi que l’utilisation des nouvelles techniques sont dictés par la réduction des coûts d'entretien et le respect de l’environnement, très menacé à une certaine époque avec l’emploi de produits qui ont aujourd’hui, fort heureusement, disparu. Comme l’agriculteur ou le vigneron, le jardinier utilise des méthodes de culture et de plantation raisonnées. C’est vrai avec l’emploi de désherbants chimiques plus modérés, de fongicides et d’insecticides dits biologiques (à l’huile de colza notamment), ou encore des engrais 100 % organiques. Des méthodes préventives se sont développées afin d’empêcher la pousse des mauvaises herbes en terrain naturel : le paillage avec écorces ou feutre bio dégradable, ou la toile tissée, avec ou sans écorce. Ces méthodes sont d’autant plus intéressantes qu’elle permettent d’économiser l’arrosage, puisqu’elles conservent l’humidité dans le sol (de préférence couplé à un système d’arrosage intégré avec horloge). Il faut aussi penser que l’eau est de plus en plus rare et de plus en plus chère. En conclusion, si l’on veut conserver un jardin agréable, l’entretien est incontournable. Et il ne faut pas oublier la taille qui fait bien vieillir les végétaux, pour leur floraison et fructificationNous constatons un regain d’intérêt de la clientèle pour les arbres fruitiers – un retour aux sources d’une certaine façon – et la taille est particulièrement importante pour les fruitiers, comme pour l’harmonie du jardin.” 

Merci à nos paysagistes locaux de participer si activement à notre qualité de vie et à la préservation de l’environnement. 

LES EXPERTS” 

   CHEVERNY

          DUCOLOMBIER Frères
          24, rue du chêne des Dames - 41700 - Cheverny
          Tél. 02 54 79 91 89

    COUR-CHEVERNY

             Philippe LEBECQUE Terrasses – claustras - clôtures... et tous aménagements extérieurs
          www.sarl-lebecque.fr
          sarl-lebecque@wanadoo.fr
          ZA de Vollet - 41700 - Cour-Cheverny
          Tél. 02 54 79 29 93

          Laurent RAVINEAU
          www.laurent-ravineau.com
          12, rue Denet - 41 700 Cour-Cheverny 
          Tél. 06 08 70 36 73

          Hervé CORBEAU 
          hcorbeau@wanadoo.fr
          25 bis Voie des Châtains- 41700 - Cour-Cheverny
          Tél. 02 54 79 22 55 

La Grenouille n°11 - Avril 2011