Notre "ami" le moustique

Je suis l’un des insectes le plus lents, ce qui facilite notre batracien du journal à m’attraper rapidement avec sa grande langue.
Je suis un gentil insecte qui butine les fleurs pour se nourrir. Pour chercher des protéines dans le sang, ma femelle suce tout ce qui bouge (tous les vertébrés : oiseaux, gre­nouilles, mammifères et même les serpents), afin de fabriquer ses oeufs.
S’il y avait davantage de ces animaux dans nos jardins nous serions moins piqués. 48 heures après la prise de ce repas, les femelles fécon­dées déposent leurs oeufs à la surface d’une eau stagnante (l’eau est absolument nécessaire au développement des oeufs). Comme tous les animaux, la vue des insectes est directement liée à la lumière. La mouche se pose quand la lumière s’éteint et le moustique continue à voler. Pourtant, il ne voit pas la nuit. Il a d’autres sens, entre autres des récepteurs sensoriels qui repèrent l’odeur et la température de notre corps. Il peut distinguer le contour de nos membres. Il est inutile d’éteindre la lumière pour ne pas attirer notre petite bête, elle s’en moque, d’ailleurs il est rare de voir un mous­tique tourner autour d’une lampe.
« Plus ça me gratte plus je me gratte » ! Il faut éviter le plus possible de
succomber à la tentation. Gratter peut permettre aux bactéries de traverser la peau et causer des surinfections. 
Quelle est la bête la plus dangereuse pour l’homme ? Le lion, le scorpion, le requin ? Oui, mais le moustique n’est pas en reste. Ce n’est pas de sa faute, mais de celle d’un animal microscopique appelé paludisme qu’il transporte d’humain en humain au travers de sa salive. Cette maladie provoque la destruction des globules rouges et la mort si l’on ne se soigne pas (aujourd’hui entre 1 et 2 millions de personnes meurent du paludisme chaque année dans le monde, surtout sous les tropiques).
Absent en France, le paludisme y était présent jusqu’à l’époque de Louis XIV où l’assèchement des marais et d’autres facteurs indéterminés l’ont fait disparaître. Avec le réchauffement de la planète certains scientifiques pensent qu’il pourrait revenir vivre dans le sud de l’Europe.

Mais nous pouvons compter sur les gre­nouilles pour limiter le nombre de moustiques...

Laurent Ravineau - La Grenouille n°20