Vol de grues de passage à Cheverny

Vol de grues de passage à Cheverny
Vol de grues au dessus de Cheverny, le 21 février
Les grues cendrées remontent d’Espagne (pour la plupart, mais certaines hivernent en France maintenant, jusque dans le département du Cher, pour les plus proches) et s’en vont nicher en Europe du nord et de l’est : Scandinavie, Pays baltes, Biélorussie, Russie, dans les tourbières de la taïga, forêts inondées, roselières, toujours protégées par de l’eau. 

C’est une espèce raréfiée voici quelques décennies ayant bien reconstitué ses effectifs grâce à une protection internationale et qui nous offre à l’automne et au printemps le spectacle impressionnant de leur passage, et même émouvant. Elles sont quelques centaines de milliers désormais. Le couloir de migration est relativement étroit entre le Pays basque et l’Allemagne et nous sommes un peu trop à l’ouest pour les voir régulièrement. 

C’est en général le cas lorsqu’elles sont déportées par un vent d’est, ce qui n’est pourtant pas le cas actuellement... Elles sont passées depuis le lundi 15 février, dès le lendemain des froids et de multiples vols ont été signalés depuis dans le département, avec un record de 13 000 oiseaux observés en une seule journée. 

Parfois, surtout lors de la migration d’automne qui est tardive (jusqu’en novembre), après s’être regroupées comme c’est leur habitude, elles profitent d’un vent favorable et migrent toutes en même temps. En une nuit, elles sont passées et personne n’a rien vu, seulement entendu leurs cris qui remplissaient le ciel... 

J.-P. J. 

La Grenouille n°51 - avril 2021

Les quatre saisons du blaireau

La Grenouille n°52 - Juillet 2021

L’été

L’été venu, La Grenouille retrouve M. Blaireau

M. Blaireau :

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
« Cette année, la météo nous a bien gâtés. Nous commencions à nous inquiéter avec un début de printemps très sec, presque estival, car pour trouver notamment des vers de terre et des limaces, ce n’est pas chose facile. Puis, comme vous le savez déjà, sont arrivés nos 3 petits blaireautins. Pendant douze semaines, Madame a allaité les jeunes. Après huit semaines dans le terrier, les plus intrépides commençaient déjà à sortir. Les giboulées de mars tombées au mois de mai tombaient à pic. La végétation foisonnante, les insectes, les coléoptères et autres gasté­ropodes sortis en nombre étaient au rendez-vous pour parfaire l’apprentissage et l’indé­pendance des ados. La rigueur de l’éducation se transforme vite en jeu, roulades et sauts. Ils ne sont pas prêts de partir de la maison… Nous aurons l’occasion d’aborder ce sujet la prochaine fois que nous nous verrons
Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
.
Ce cadre idyllique me ramène vite à la réalité, sur mes gardes, soucieux que notre appétit ne nous conduise pas à détériorer les espaces naturels ou cultivés environnants, de peur d’attiser la colère de certains amoureux de la nature.
Je me souviens que des amis avaient été accusés pour un tel motif et leur terrier per­quisitionné.
Cela me fait penser que, depuis ce jour, nous ne les avons pas revus. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus… »

Photos ci-cessus : La famille Blaireau sortant de son terrier, une nuit d’avril, photographiée à l’aide d’un appareil à infrarouge muni d’un déclencheur avec détecteur de mouvement à Cour-Cheverny, près du Beuvron.

P. R. 


La Grenouille n°51 - Avril 2021

Le printemps

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
© Ph. Sabine
« La Grenouille » retrouve M. Blaireau en cette sortie d’hiver
M. Blaireau : « Comme prévu, j’ai retrouvé mon corps d’athlète avec, en toute modestie, de belles mensurations : 75 cm de la tête aux pieds pour 10 kg. 
Enfin, assez parlé de moi. L’hiver s’est bien passé. Nous avons compensé la froideur de cette saison par de gracieuses galipettes au fond du terrier. Après sept semaines d’attente, nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance de Suzette, Souris et Sournois. Les visites ne sont pas encore autorisées mais la maman et les trois bébés devraient bientôt faire leur première sortie. En attendant, il va falloir nourrir tout ce petit monde… ». 

La Grenouille : « Votre réputation de petit ours vous précède. Qu’en est-il dans la réalité » ?

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
M. Blaireau : « Cette légende nous colle à la peau mais maintenant, madame, nous sommes en 2021 et la transition écologique nous amène à revoir notre régime alimentaire carné. Finis les campagnols, les taupes et les crapauds à pleines ventrées. Maintenant, nos repas tournent principalement autour de petits plats comme les omelettes aux herbes, les galettes de céréales ou les chenilles grillées (excellentes à l’apéro). Le plat-signature de Madame : champignons farcis aux lombrics, un régal ! 
Madame la Grenouille, je connais un petit coin de myrtilles qui ne saurait attendre. Repassez bientôt, nous organiserons une sortie avec les petits ». 

P. R. 


La Grenouille n°50 - Janvier 2021

L’hiver

Interview exclusive : « La Grenouille » a rencontré un habitant de la commune de Cour-Cheverny qu’elle ne connaissait pas encore : M. Blaireau.

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
Écoutons ce qu’il a à nous dire : 
« Bonjour à toutes et à tous. Ma femme et moi résidons à Cour- Cheverny depuis 5 ans. Nous possédons une belle résidence, toute proche du Beuvron, composée de plusieurs entrées. Les plus anciennes ont été creusées par nos aïeux. Elles servent maintenant de refuge pour nos camarades renards et lapins. Nous avons un modeste jardin de 40 ou 50 hectares, je ne sais plus trop ».

La Grenouille : « Comment vivez-vous la situation en ce moment ? ».
M. Blaireau : « Nous avons eu beaucoup de mal à nous adapter au couvre-feu car nous sommes actifs, principalement la nuit et au crépuscule. Madame dit que j’ai pris quelques kilos, mais pendant la période automnale, j’ai toujours tendance à prendre un peu de poids pour passer l’hiver. Avec le froid, nous allons rester davantage à la maison, au fond de nos galeries longues de 15 mètres, bien au chaud. Nous nous consolons en nous disant que d’ici là, nous serons déconfinés (et j’aurai retrouvé ma taille de guêpe) ».

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
La Grenouille reprendra contact avec M. Blaireau à la sortie de l’hiver. Peut-être que d’ici là, la famille se sera agrandie…

P. R.

Les quatre saisons du blaireau - Cour-Cheverny
Photo : Florian Deblaise

La Grenouille n°50 - Janvier 2021



Les espèces végétales invasives de notre région

Invasive rime avec exotique, qui veut dire étranger. À partir de quand une plante est-elle invasive ? À partir du moment où elle devient désagréable pour l’homme ou trop imposante pour une partie de la flore.

Renouée du Japon
Renouée du Japon

Depuis toujours, la nature connaît des chan­gements. L’homme y contribue en implantant volontairement de nouvelles variétés qui sont parfois de grosses erreurs mais... trop tard : la nature a pris le pouvoir ! Il ne faut pas oublier que le vent, les oiseaux, certains mammifères disséminent les graines sur des dizaines de kilomètres. Le problème d’une plante invasive, c’est la diversification des végétaux qu’elle peut anéantir autour d’elle.


Parmi la soixantaine de plantes exotiques inva­sives dans la région Centre, on peut citer :

• l’ambroisie à feuilles d’armoise, très aller­gène avec son pollen du mois d’août ;

• le robinier appelé acacia que l’on croit presque indigène alors qu’il a été introduit en France vers 1650 ;

• le raisin d’Amérique, depuis la 2e guerre mondiale, utilisé autrefois dans le Bordelais pour teinter le vin ;

• l’ailante glanduleux, un arbre très vigoureux que l’on voit maintenant partout. Au niveau de ses racines, il dégage une substance toxique qui inhibe la croissance des plantes environ­nantes. Il fait des racines traçantes à plus de 25 m autour de lui sur lesquelles des drageons ressortent ; il se reproduit aussi par semis ;

• la grande berce du Caucase (Asie du Sud- Ouest), à ne pas confondre avec la berce spon­dyle qui est comestible, disséminée par le vent et par les rongeurs (plus de 20 000 graines par pied) ; elle est très expansive, les herbivores ne la consomment pas, elle a des poils vésiculeux qui provoquent des brûlures sur la peau qui per­sistent plusieurs jours ; elle envahit les fossés, les prairies (elles ne supportent pas les coupes trop répétées sur plusieurs années) ;

• la renouée du Japon, introduite en 1823 (plante que l’on peut voir sur le bord de nos routes en prenant la direction de la route de Romorantin à la sortie de village ou sur le pont de la rue Félix Faure à Cour-Cheverny ; le bord du Conon en est de plus en plus envahi. Cette plante a des feuilles plutôt rondes avec des tiges cannelées comme le bambou. Dans son pays elle est limitée par un insecte qui ne doit pas être introduit chez nous, faute de savoir s’il n’est pas néfaste à d’autres espèces !... La tonte très régulière de ce végétal entraîne sa destruction (plutôt 10 coupes que 3 par an).

• la jussie, qui ne cesse de proliférer comme certaines algues vertes : plus elles auront de phosphate et nitrate et plus elles prolifèreront.


Une plante invasive est apte à tirer parti d’oppor­tunités de ressources que les espèces locales n’utilisent pas. Une espèce indigène est une espèce locale. Avec le temps, certaines espèces exotiques deviennent si indispensables qu’on les croit indigènes. Depuis 70 000 ans que les hommes se déplacent, certaines plantes les ont suivis (fruits, graines, boutures). La nature déve­loppe une forme de résistance pour s’ajuster à des milieux riches en pesticides (certains désherbants deviennent parfois inefficaces face a ux plantes plus résistantes). Dans la durée, certaines plantes envahissantes se régulent et même disparaissent. On pourrait appeler cela « l’interaction du vivant », «le tirer parti ». La vraie nature n’est-elle pas celle où l’homme n’intervient pas ?


Il n’y a pas de « ségrégation » chez les plantes. Elles améliorent leur environnement et finissent toujours par gérer leur prolifération, ce que l’homme ne sait pas faire avec sa démographie. Quand la plante indigène disparaît, la plante exo­tique est parfois la bienvenue.

L. R.

La Grenouille n°48 - Septembre 2020

La forêt et ses mystères


La forêt et ses mystèresParticulièrement bien représentée sur les communes de Cheverny et de Cour-Cheverny, la forêt recèle des tré­sors de sensations à qui sait les appré­cier. Attirante et inquiétante à la fois, elle laisse rarement indifférents les gens qui la côtoient. Par ailleurs, elle rend en toute sai­son d’innombrables services, bien souvent insoupçonnés de la population.

La commune de Cheverny possède une zone naturelle et forestière de 2 502 ha recensée au PLU (Plan local d’urbanisme), pour une surface totale de 3 235 ha, ce qui représente un taux de couverture de 77 %. Ceci est très important. Bien évidemment, l’espace boisé, tel qu’on l’entend habituellement, n’est pas de cette contenance. Il convient d’exclure de cette surface : les landes, les friches, les zones incultes, voire même les surfaces en eaux et les alignements d’arbres de moins de vingt mètres de largeur.
Quant à la commune de Cour-Cheverny, pour un territoire de 2 980 ha, sa zone naturelle et fores­tière est de 1 507 ha, soit un taux de 51 %. Là aussi, il convient de ressortir les zones précitées.
Sur nos deux communes, l’ensemble des zones boisées fait partie du domaine privé.
La forêt et ses mystères
Futaie claire au printemps
La surface forestière réelle du Loir-et-Cher couvre près de 205 000 ha, soit environ 37 % du département au dernier recensement de l’Inventaire forestier national. Sur l’ensemble de la France, cette moyenne approche les 31 %, soit près du tiers du territoire (hors Guyane).

Les arbres et les hommes
L’arbre, ce végétal dit supérieur, moins par sa taille que par les nombreux services de toutes natures qu’il rend à la société, remplit de multiples fonctions dont certaines sont par­fois insoupçonnées. Elles sont écologiques, économiques, paysagères, récréatives, nour­ricières, et plus encore comme détaillé ci-après. L’arbre, au sein de la forêt, outre sa fonction première de « fabriquer » du bois, ce matériau universel irremplaçable, en assume bien d’autres… On l’utilise pour construire nos maisons, pour fabriquer nos meubles, nos tonneaux et mille autres objets, et comme bois de chauffage. Mais aussi, par le principe de la photosynthèse, la forêt est une formidable usine à dépolluer l’air, en stockant le carbone qu’elle transforme en lignine, contribuant ainsi à fournir sa part d’oxygène à la planète. La forêt sert aussi de refuge privilégié à une faune multiple, qu’elle soit cynégétique ou non, sédentaire ou migratoire, à plumes ou à poils, et lui fournit le gîte et le couvert. La forêt, privée ou publique, permet par son réseau de chemins ruraux et communaux de présenter d’immenses espaces de promenades gra­tuites. On y vient s’y ressourcer, y pratiquer des activités physiques ou de simples prome­nades, que l’on soit rural ou citadin, seul ou accompagné.
La forêt et ses mystères
L'ail des ours
Et dans la rubrique souvenirs, que pouvait-on trouver comme meilleur refuge, comme meilleure cache que la forêt, pour les nom­breux réfractaires du STO (Service du travail obligatoire), instauré par l’occupant pendant la Seconde guerre mondiale ? Ces derniers se muaient en bûcherons, en scieurs de long et autres métiers du bois. Ils allaient aussi souvent renforcer les rangs des résistants qui, dès 1942, avaient choisi la forêt comme lieu de rassemblement. C’était le cas, dans la plaine du Colombier, située au coeur de la forêt de Cheverny, où des parachutages d’armes et de diverses fournitures furent orga­nisés en 1944.

Paysagère, de protection et récréative
Que seraient nos campagnes sans ces taches de verdure aux formes diverses, notamment lorsqu’on les regarde vues du ciel et parti­culièrement en montagne où la forêt agré­mente harmonieusement les paysages tout en protégeant de l’érosion les pentes et les sommets exposés. Elle sait cependant laisser sa place aux zones agricoles, aux vignes, aux pâturages, ainsi qu’au monde minéral, dès que l’altitude joue son rôle. La forêt protège et régule, tout d’abord, comme un rempart aux vents dominants que rien n’arrête parfois sur des kilomètres jusqu’au premier massif. Elle constitue un havre de paix que le cycliste apprécie lorsqu’un vent de face freine sa progression. Ensuite, la forêt régule et freine l’écoulement des eaux quand un excès du ciel vient nous inonder et éroder les pentes et les terres mises à nu. Elle est aussi un milieu mystérieux, notamment dans notre Sologne où se cachent de si nombreux châteaux, qu’ils soient connus et visitables, comme Cheverny et Troussay, ou anonymes et cachés sous la frondaison, au milieu de domaines souvent voués à la chasse. Cette activité est privilé­giée en Sologne, notamment dans certaines zones pauvres où bouleaux, trembles, chênes bas branchus, marsaules (1) et pins sylvestres (1) épars ne permettent pas de développer une sylviculture rationnelle. L’activité cynégé­tique y est, dans ce cas, plus rémunératrice et donne la possibilité aux adeptes de la chasse, nombreux en cette partie de Sologne, d’assouvir leur passion. La forêt est aussi une immense cour de récréation. Tout randonneur assidu ou occasionnel sait y découvrir ses chemins ruraux et communaux. Très présents sur nos deux communes, ces kilomètres de voies et d’allées (pas toujours en bon état…) permettent cependant un accès au coeur des massifs. On peut aussi s’y promener en famille, s’y embourber en VTT, y faire une partie de boules, un pique-nique etc. Avec un peu de chance, il est même possible d’y apercevoir une biche ou un sanglier et d’y entendre, fin septembre, bramer le cerf, le seigneur des lieux.

Les couleurs des fleurs et des arbres
La forêt et ses mystèresLa forêt est aussi, à qui sait y regarder de près, un énorme bouquet de fleurs. Dès la fin de l’hiver, et jusqu’au milieu de l’été, les sous-bois et les bocages nous offrent gratuitement, ici des perce-neige et des primevères, là des jonquilles et des pervenches, plus loin, du muguet et des asphodèles (1), ou encore la discrète fleur de l’ail des ours (1) et l’anémone des bois.
Les arbres aussi nous gratifient d’une palette infinie de couleurs. Tout d’abord au printemps, les bourgeons en premier illuminent les houp­piers (2) d’une multitude de couleurs bien diffé­rentes de celles de l’automne. Le vert tendre et luisant du hêtre, qui succède au rouge des bourgeons, le vert jaunâtre des érables, le vert rougeâtre des peupliers, le vert plus foncé du charme, le rouge de certains chênes avant de verdir, le gris des trembles, juste avant l’apparition des chatons. Chez certaines essences, les fleurs apparaisent avant les feuilles. C’est le cas pour le chêne, le frêne, le peuplier, le saule et ses chatons blancs, et l’orme, malheureusement devenu trop rare. Ensuite, à l’automne, la forêt nous offre une féérie de couleurs. Celles-ci vont du jaune d’or de l’érable au rouge sang du merisier, de l’ali­sier et du chêne d’Amérique, du brun verdâtre du chêne commun au jaune orangé du hêtre. Le bouleau y va aussi de son jaune verdâtre de même que le charme. C’est la saison où les amateurs de photos savent capter ces couleurs si fugaces et mettre en valeur cette palette de couleurs par un coucher de soleil au-dessus d’un étang.

La forêt et ses mystèresLes odeurs et les arômes
La forêt est aussi un lieu privilégié pour ceux qui savent utiliser leur odorat. Les odeurs et les arômes sont de nature à inscrire en notre mémoire des lieux et des instants à jamais inoubliables. Toute l’année, la forêt nous gratifie de parfums plus ou moins subtils. Au printemps tout d’abord, le prunelier (ou épine noire) nous offre en même temps ses buissons de fleurs blanches et son odeur assez discrète. Ensuite, vient l’odeur herba­cée des bourgeons qui éclatent et des feuilles nouvelles. Début mai, c’est l’aubépine qui éclabousse les haies et les lisières de gros bouquets d’une blancheur immaculée. Son parfum si caractéristique n’égale pas sa virgi­nale beauté. Plus tard, c’est l’acacia, de son vrai nom « robinier », qui parfume la forêt de ses longues grappes de fleurs couleur blanc-crème aussitôt butinées par les abeilles. Qui n’a pas goûté dans son enfance les fameux beignets de fleurs d’acacia ? Ensuite, le tilleul vient embaumer les parcs et les allées de son parfum envoûtant, auquel vient s’ajouter le joyeux bourdonnement des abeilles friandes de son nectar. Enfin, personnellement, le par­fum que je trouve le plus subtil est celui fourni par le chèvrefeuille ; cette liane grimpante, si gênante pour le forestier, sait se faire par­donner grâce à ses odorantes fleurs. D’autres arbres bien plus discrets nous gratifient de leurs fleurs et de leurs parfums. C’est le cas des fruitiers forestiers comme le merisier, l’ali­sier ou encore le sorbier. Le dernier à fleurir est le châtaignier, qui égaie son houppier de ses longs chatons de couleur blanc jaunâtre vers la fin juin. Les résineux, si présents sur nos deux communes, en peuplements pleins ou disséminés dans les taillis dégagent aussi des odeurs agréables, dès le printemps par leurs fleurs et ensuite par leur résine, notamment lors des chaudes journées d’été. D’autres odeurs caractéristiques émanent de nos forêts, comme après une pluie orageuse, où le sol humide laisse monter ce parfum d’humus rappelant celui des champignons.
La forêt et ses mystères
La forêt nourricière

La forêt et ses mystères
Et les champignons, justement, où pousse­raient-ils sans ces bois et ces bocages solo­gnots ? Tout promeneur des bois saura bien reconnaître l’odeur si attirante de ces plantes discrètes. Le moment venu, le mycologue averti guettera la pousse des lépiotes, des girolles, des cèpes, des trompettes et autres pieds de mouton. Il saura aussi reconnaître à son odeur fétide, le phallus impudicus (satyre puant) repérable de très loin sous le vent. Les champignons, ces plantes sans chlorophylle, sont aussi un mystère total. Apparaissant en quelques heures dès qu’un ensemble de conditions bien précises sont réunies, ils disparaissent aussi rapidement dès que ces dernières sont défaillantes, et parfois pour des années. Outre le plaisir de les ramasser, tout gastronome mycophage sait apprécier, qui une omelette aux girolles, qui une fricassée de cèpes et autres recettes que nous offrent tous ces sous-bois. Il convient de rappeler ici que la plupart de ces forêts sont privées et que tout ce qui pousse sur ces sols appartient à leur propriétaire : il est donc recommandé d’obtenir leur agrément avant de s’y aventurer… On peut aussi parcourir les forêts publiques ou domaniales, en dehors des zones protégées. La forêt offre aussi des fruits. Il faut savoir repérer les châtaigniers qui produisent des bogues de dimensions respectables garantes de fournir de belles châtaignes. Ce fruit a fourni de quoi éviter bien des disettes par le passé, et produit encore de nos jours dans certaines régions de France des fruits et des farines appréciés. L’amateur de fruits forestiers peut également se régaler de la fraise des bois, si parfumée, des mûres, appréciées en confiture et qui nous colorent si bien les dents. Il saura aussi trouver la merise, si prisée des oiseaux, la discrète alise, la sorbe ou corme comestible après un coup de gelée et, encore plus discrète, la nèfle (1). Celle-ci doit passer du vert au marron pour être comestible.
La forêt et ses mystèresLes hôtes des bois, tels cerfs, chevreuils et sangliers bénéficient aussi de la forêt nourricière. Ils savent tous se repaître de glands, de faines (1), de châtaignes et de noisettes, afin d’accumuler quelques graisses pour affronter l’hiver.

Respectons la forêt
Avec tous les services que la forêt rend à l’environnement, presque gratuitement, nous lui devons toute notre attention et plus encore. Bien que la population soit de plus en plus sensibilisée et participe aux gestes citoyens, nous espérons ne plus voir les fossés, les entrées d’allées ou les sous-bois souillés en de trop nombeux endroits par des déchets que certains viennent y déposer sans scrupules. La forêt mérite beaucoup mieux… : aimons-la, respectons-la.

Michel Bourgeois (3)
La forêt et ses mystères
(1) Toutes les plantes citées dans cet article sont présentes sur le territoire de nos communes. Nous apportons ci-des­sous quelques précisions pour certaines d’entre elles :
Marsaule ou marsault : variété de saule plus petit que le saule blanc, aux feuilles ovales, terminées en pointe souvent recourbée, luisantes au-dessus et grisâtres en-dessous, dont l’écorce sert à tanner les peaux et dont le bois sert à faire des échalas. (Wiktionnaire)
Pin sylvestre : en forêt de Cheverny il a souvent été planté au siècle dernier, en remplacement d’anciennes cultures ou prairies.
Asphodèle : plante vivace appartenant à la famille des Liliacées (comme la jacinthe, la tulipe, le muguet, …) (Wikipédia).
Ail des ours ou ail sauvage : très présente dans les sous-bois, elle présente une odeur caractéristique lorsqu’on froisse sa feuille.
Alise, sorbe, corme, nèfle : fruits de l’alisier, du cormier, du sorbier, du néflier.
Faine : la faîne ou faine est le fruit du hêtre (Wikipédia).
(2) Houppier : ensemble des ramifications portées par la tige d’un arbre au-dessus du fût (Larousse).
(3) Michel Bourgeois sait de quoi il parle : il est né et a vécu dans la forêt de Cheverny, à la maison forestière de la Tesserie aujourd’hui disparue, puis à la ferme de la Morelière. Sa carrière professionnelle l’a ensuite amené à gérer plusieurs forêts privées dans le Cher et le Loiret pendant 35 ans.

Source des photos :
- Asphodèle et Saule Marsault : Wikipédia.
- Alise :Blog de NatureAlpha.
- Faine : Wiktionnaire.
La forêt et ses mystères

La Grenouille n°47 - Juin 2020

Le noisetier


Est-il utile de présenter le noisetier ? Il est l’un des plus populaires de nos arbrisseaux et est connu de tous. Mais connais­sez-vous les bienfaits de ses fruits, d’où viennent les noisettes que nous consom­mons ? Comment naît la noisette, la magie de la baguette du sourcier et le méchant balanin qui troue les noisettes ?

Le noisetier ou coudrier peut atteindre 6 à 8 mètres de hauteur. De la famille des bétulacées, comme le bouleau ou l’aulne, on le reconnaît avec ses chatons à la chute des feuilles. Corylus, noisetier en latin, signifie casque, c’est une réfé­rence à la forme des cupules (bractée autour de la noisette). Très rustique, cette espèce cham­pêtre a une espérance de vie de 60 à 80 ans. Il existe de nombreuses variétés : le noisetier tortueux, le pourpre, le pleureur, le byzantin (avec ses bractées très découpées). On adore tous grignoter la noisette. Le premier producteur et exportateur mondial est la Turquie, avec 67 % de la production mondiale, en seconde position vient l’Italie. Le mot coudrier apparaît vers 1 500, puis le mot noisettier (avec 2 t) dérivé de noisette (petite noix) fait son apparition vers 1530.

Le chaton du noisetier est la fleur mâle qui disperse son pollen au gré du vent (plante anémophile) depuis décembre jusqu’à mars. Les fleurs femelles sont très discrètes avec leur houppe de stigmates rouges. Pour une bonne production de noisettes il est conseillé de planter plusieurs variétés car le décalage de la floraison mâle et femelle est telle que parfois les mâles ont donné tout leur pollen et les fleurs femelles ne sont pas réceptives à la fécondation. Heureusement que les abeilles récoltent le pollen du noisetier au début de la saison apicole. Notre arbrisseau est en pleine production de 8 à 12 ans. Il est souvent utilisé pour son port buissonnant, pour garnir des haies, pour protéger un verger, un rempart contre le vent, un refuge pour les animaux. Il est aussi l’hôte d’un puceron spécifique qui n’infeste pas les autres arbres et attire les auxiliaires actifs contre les parasites des vergers. Mais un petit charançon sait se faire oublier des mésanges : le balanin, l’insecte qui mange les feuilles. Sa larve se développe dans le fruit et sort par un joli petit trou. En hiver un coup de crochet sous le noisetier met les insectes à l’air et le froid les élimine.

Comme tous les arbres, le coudrier vit en symbiose avec des champignons dont l’un d’eux se nomme truffe. La noisette est un antioxydant qui réduit certaines maladies si elle est consommée chaque jour (cardio-vasculaire, cancer du côlon, diabète, transit intestinal, le mauvais cholestérol...). La pâte à tartiner chocolat-noisette reste une gourmandise. Les noisettes sont généralement en petites grappes appelées « trochets », formées de deux ou trois fruits. Nos amis les écureuils commencent à les manger l’été quand elles sont en « mie », ils en détruisent de très grandes quantités pour se rafraîchir mais à l’automne ils sont indispen­sables pour la reproduction de l’arbre grâce à leurs oublis enterrés.

Les baguettes de noisetier sont utilisées par les sourciers pour rechercher de l’eau et par les radiesthésistes pour trouver des minerais. Pour devenir sourcier choisissez une belle fourche dont les brins ont la taille d’un doigt et font 20 cm environ, coupez-la en remerciant l’arbre qui vous la confie. Pour s’en servir, tenez-la fermement, les poignets tournés vers le ciel et la pointe partant devant vous. Il faut alors mentalement interroger la baguette pour qu’elle vous réponde… à condition bien sûr d’avoir le fluide. Cette baguette est capable de détecter une veine d’eau souterraine, d’en donner la profondeur et le débit au puisatier. On croit que ceux qui ont le don naissent quand le noisetier est en fleur.

L.R.

La Grenouille n°46 – Janvier 2020

L'arbre caché dans la forêt : zelkova crenata


Zelkova crenata 
Zelkova crenata - ChevernyQuel est cet arbre au nom bizarre à consonance latine ? Présent sur le territoire de la commune de Cheverny, il n’est pas autochtone de la région, ni même de France. Il nous vient des confins du Caucase et de Sibérie, d’où son nom commun : « orme de Sibérie ». D’après les spécialistes, il aurait été introduit d’abord en Angleterre, vers la fin du XVIIIe siècle puis, quelques temps plus tard, en France par le botaniste André Michaux. Planté tout d’abord dans les parcs royaux dans un but ornemental, il migra ensuite, comme la plupart des arbres exotiques, dans les parcs et propriétés privées des provinces. 

Comment est-il arrivé en forêt de Cheverny ? 
Probablement par le souhait du propriétaire des lieux, ou par un botaniste précurseur, voire même par un forestier curieux des nouveautés. Il peut aussi être arrivé par l’intermédiaire d’un oiseau qui aurait ingéré quelques drupes, « ses fruits », et déposé les graines en cet endroit. Toujours est-il que j’ai découvert cet arbre lors de mes études botaniques en 1971.

Zelkova crenata - ChevernyLe sujet initial, d’un diamètre d’environ 25 cm était alors installé sur la crête du talus. Aujourd’hui, ce spécimen a disparu, sans doute exploité lors d’une coupe du taillis ou disparu de mort naturelle. Cependant, il a pu assurer sa descendance, soit par semis, soit par rejets ou par drageonnement. Actuellement, une bonne quinzaine de spécimens de belle taille est visible sur le bord de l’allée du Chêne des Dames. Installés sur la gauche, à quelques centaines de mètres après le chemin de la Rousselière, à l’entrée de l’ancienne sablière. Cet arbre est discret et peut être confondu avec le charme quant à son port et à la forme de ses feuilles. Cependant, si on y regarde de plus près, bien des différences sont visibles. Tout d’abord, ses feuilles crénelées, d’où son nom, ensuite, la couleur gris verdâtre de son écorce. Par ailleurs, celle-ci s’exfolie avec l’âge, comme pour le platane, laissant apparaître une écorce orangée. Enfin, son port altier, bien plus élancé que le charme, présente alors des hauteurs de premier ordre, surtout en peuplement dense. 


Au vu de la station où il s’est développé, il présente une adaptation assez remarquable quant à la qualité du sol et supporte assez bien l’ombrage de ses voisins. Son bois, peu connu des forestiers et des exploitants, pourrait être intéressant pour des utilisations de petits volumes, sa croissance lente laisse supposer de bonnes qualités technologiques. Il reste à découvrir la couleur et l’odeur de ses fleurs et celles de ses fruits, mais pour cela, il nous faudra patienter jusqu’au printemps et fin avril.

Michel Bourgeois

(1) Drageonnement : un drageon est une pousse issue de la racine d'un végétal qui peut devenir autonome et être replantée comme nouvel individu (https://www.futura-sciences.com).
(2) En botanique l'exfoliation est la perte des feuilles mais désigne aussi le détachement de l'écorce en couches minces (Wikipédia).

Zelkova crenata - Cheverny - Drageonnement
Drageonnement
Zelkova crenata - Cheverny - Exfoliation
Exfoliation




















La Grenouille n°45 - Octobre 2019


Une colonie en formation à Cheverny

Bernard Sinet devant l'essaim de 15 000 à 20 000 abeilles - Cheverny
Bernard SInet devant l'essaim
de 15 000 à 20 000 abeilles

Bernard Sinet fait partager sa passion des abeilles aux lecteurs de La Grenouille devant un superbe essaim en formation. Comme il nous le précise : « Un essaim d’abeilles en formation au 15 avril est exceptionnel ! Il y a quelques années, on considérait que la formation d’une colonie début mai était précoce. Ce qui montre bien qu’il s’opère un réchauffement climatique ».

 Qu’est-ce qu’un essaim ?
Une colonie en formation à Cheverny - abeillesUn essaim est issu d’une forte ruche dans laquelle il n’y a plus assez de place. La vieille reine la quitte alors, suivie de la moitié des occupantes. L’essaim, désormais complètement indépendant, se regroupe non loin, à une trentaine de mètres, avec pour objectif de se fixer définitivement dans un endroit propice : un trou dans un mur, le creux d’un arbre, une cheminée... ou une autre ruche disponible à proximité. Quelques abeilles viennent en reconnaissance pour envisager le lieu. Si l’odeur leur convient, si l’exposition, le taux d’humidité et le volume leur paraissent conformes à leur attente, elles en avertissent alors leurs congénères. Des abeilles « nettoyeuses » (quelques dizaines), préparent la ruche en éliminant les salissures de toutes sortes. Elles opèrent un peu plus d’une semaine avant que l’essaim prenne possession de leur nouvel habitat. Les parois de la ruche sont tapissées de propolis (1) que les abeilles récoltent sur les bourgeons de peupliers au printemps. C’est un antiseptique très efficace qui leur sert aussi de ciment pour boucher des fissures. Puis les abeilles cirières ingurgitent du miel pour produire la cire qui sert à construire les alvéoles. L’essaimage se fait au printemps, début de la floraison qui permet de constituer les provisions d’hiver.

La vie de la ruche
La vie de la ruche s’organise autour de la reine qui pond l’équivalent de son poids par jour, soit 1 500 à 2 000 oeufs. Si une abeille « ordinaire » ne vit que 5 à 6 semaines, une reine peut vivre jusqu’à 5 ans, mais pond moins au delà de 3 ans, ce qui affaiblit d’autant la colonie. La population d’une ruche compte environ 50 000 à 80 000 individus.

Comment la ruche fabrique une reine
Une colonie en formation à Cheverny - abeillesAu départ, l’oeuf est le même que celui d’une abeille « ordinaire ». Mais les larves de reines se développent dans des alvéoles spéciales, verticales et plus longues que les autres alvéoles, afin de développer leurs organes génitaux. Les autres abeilles se développent dans des alvéoles horizontales plus petites qui atrophient leurs organes génitaux. Les reines, à l’état de larves, sont nourries exclusivement de gelée royale, une substance fabriquée par des glandes situées dans la tête des ouvrières les plus anciennes. Une ruche, dès le début de son essaimage et suivant sa force, va commencer par élever une dizaine de cellules royales. Quand la première petite reine naît, son premier travail est de supprimer les autres larves de reines potentielles. Si deux reines naissent en même temps, elles se battent à coups d’aiguillons, jusqu’à ce que l’une d’elle meure. La nature a prévu une autre caractéristique aux reines : leur aiguillon est lisse. Elles peuvent donc piquer sans que celui-ci ne reste dans le corps de leur victime. Une abeille ordinaire possède un aiguillon muni de crochets « en harpon » qui reste dans sa victime. De ce fait, l’abeille qui a piqué y laisse une partie de son abdomen et meurt. Quelques jours après sa naissance, la reine sort rapidement de la ruche, poursuivie par les mâles (bourdons). Les plus rapides s’accouplent avec elle. Elle regagne la ruche et entame sa carrière de pondeuse. Elle ne ressortira éventuellement que pour essaimer.

Le travail des abeilles
La vie de l’abeille n’est qu’une succession de fonctions à remplir au profit de la communauté. L’oeuf devient larve, puis nymphe. 15 jours après, l’abeille naît en brisant la capsule de cire qui la protégeait. L’abeille, à sa naissance, découvre la ruche pendant environ 48 heures. Elles est d’abord nourrice : elle s’occupe des bébés... Puis abeille cirière : elle ingurgite du miel pour produire la cire qui sert à construire les alvéoles. Devenue ouvrière, elle s’occupe du couvain. Elle part collecter le nectar destiné aux bébés qui sont nourris d’un mélange de miel, de pollen et d’une très petite quantité de gelée royale. Certaines abeilles deviennent gardiennes de la ruche à la fin de leur vie.

Une ruche sans reine peut-elle survivre ?
Il arrive qu’une ruche se retrouve sans reine. La population de la ruche orpheline va alors dépérir. Certaines abeilles vont alors se déclarer « ouvrières-pondeuses ». Mais leurs organes génitaux étant atrophiés, elles ne sont pas destinées à s’accoupler avec un bourdon. Leurs oeufs sont donc vierges et ne vont donner naissance qu’à des bourdons. Les abeilles les élèvent. Ils servent pour réchauffer le couvain. Quand ils ne sont plus utiles, vers le mois d’août, elles les sortent de la ruche et les tuent... ou ils s’enfuient. Pour autant, la ruche est condamnée par la nature s'il n'y a pas d'intervention de l'homme pour réintroduire une nouvelle reine ou des oeufs de moins de 36 heures prélevés dans une autre ruche. Il est possible d’introduire artificiellement une reine dans une ruche qui en est dépourvue. Enfermée dans une petite boîte, on la place sur le dessus des cadres de façon à ce qu’elle s’imprègne de l’odeur de la ruche. Quand on la lâche, les abeilles sont habituées à cette nouvelle reine qui dégage une odeur familière. Elles l’acceptent donc.

La réunion de deux essaims
Face à deux ruches faibles dont les essaims sont trop petits, on peut tenter de les réunir. On prépare une ruche vierge, sans odeur. On y place un drap parfumé sur lequel on déverse les abeilles des deux essaims qui s’imprègnent alors de la même odeur.

Le langage des abeilles
Quand une abeille trouve un endroit propice où butiner, elle revient à la ruche pour en avertir ses semblables. Elle exécute une danse pour leur indiquer l’endroit. La danse saccadée indique la distance et la danse en rond la position du soleil, de la ruche et de l’endroit digne d’intérêt. Leur langage se traduit aussi par des attitudes, une manière de voler ou de se dresser sur ses pattes qui peut être agressive face à un intrus... Si on tapote sur la ruche, la colonie émet un vrombissement sourd qui s’apparente à une alerte générale... Les abeilles, très sensibles aux odeurs (les phéromones qu’elles captent avec leurs antennes), peuvent réagir de façon agressive face à une personne dont elles sentent la peur...

Quelques ennemis des abeilles
Le varroa, un acarien parasite qui se colle sur le thorax des abeilles et les tue. Il rentre dans la ruche et tue aussi les couvains. Il existe aujourd’hui un traitement efficace. On peut citer aussi les frelons, les guêpes, les souris, les pics-verts et le Sphinx « Tête de mort », papillon de nuit à l’épaisse fourrure qui pénètre dans les ruches pour se délecter de miel...

(1) La propolis : matière végétale produite par les abeilles pour garantir l’asepsie de leur ruche, la propolis, pure ou liquide, est réputée depuis l’Antiquité pour ses effets bénéfiques dans le traitement et la prévention des affections respiratoires. Excellent immunostimulant, elle se révèle un antibiotique et un cicatrisant très actifs. 

Bernard Sinet - La Grenouille n°44 - Juillet 2019